Les helpers sont là, à côté, mais on les connaît si peu. Les risques de ce métier sont nombreux et variés; comme dans ces vies faites de déracinement, de solitude et d’aventure.
C’est parfois risqué d’être une travailleuse étrangère. Enfin une femme, souvent peu éduquée, confrontée au monde du travail dans un pays étranger. Le manque d’information génère des malentendus, et la naïveté peut s’avérer handicapante.
Un moyen de fuir
Certaines « helpers » se sont en effet retrouvées à fuir une situation maritale, voire familiale inconfortable. Elles ont préféré échapper aux lois souterraines d’une communauté ou d’un village; mettre des km entre précarité, pauvreté ou trop grande promiscuité. Elles ont rêvé d’une vie meilleure. différente. Comme nous.
Elles rêvaient d’une chambre à elles, d’une grande ville, de responsabilités, d’un avenir élargi. Certaines commencent à Singapour et enchaînent à Dubaï, Paris, Londres. Comme vous?
C’est important pour elles de retrouver leur communauté avec des « comme elles ». C’est si difficile d’être cernée de gens « pas comme soi »…
Regarder son employeur en face
Et pourtant… nombreuses sont ces femmes n’osant pas lever les yeux ou répondre non. Elles disent oui, car elles veulent un travail, avancer. Elles désirent signer pour appartenir à la maison.
Et parfois elles s’emballent et contractent des prêts. Si elles étaient à l’aise avec leur patron, elles pourraient parler de leur envie d’un nouveau téléphone… comme nos ados! Mais oui, c’est tellement tentant de palper les billets de banque.
Et on sait bien que nombreuses sont celles à avoir un patron banquier, qui sait compter et leur démontrer que les crédits à la consommation sont fort dangereux. Surtout que c’est l’employeur qui finit par traîner les casseroles de son employée… Alors, offrons-leur une éducation financière un peu plus poussée. Une spirale de dettes est si vite arrivée… Imaginez qu’elles puissent regarder le « loan shark » et s’en détourner, fière de cette nouvelle façon de réagir, armée de savoir!
La détresse dans les foyers
Hier, la police est venue dans le condo d’à côté pour enquêter sur une mort. Une helper est tombée en faisant le ménage et s’est heurtée la tête. Elle aura succombé à cette blessure à l’hôpital. La police enquête et répertorie. Il y en a une autre déjà embauchée. Suivante!
La semaine dernière, il y a eu une artère tranchée, au creux de la main qui essuie et qui frotte. Le geste ne sera plus le même, elle est remerciée. Au revoir!
Une autre encore, désespérée, a sauté du balcon. Un arbre qui était en dessous aura permis de la secourir. Il faudra qu’elle se justifie et qu’elle déménage, on ne lui pardonnera pas.
En août, c’était un épuisement massif qui menaçait la famille dans laquelle elle travaillait d’en passer par là. Les envies d’en finir, les crises de nerfs, les accès de détresse, ça leur arrive aussi. Elles doutent, et veulent mourir, ce serait plus facile. C’est tellement cruel la solitude.
Et puis, on entend un nom. Un nom d’homme qui circule dans la communauté des femmes travailleuses domestiques. Un nom qui se transmet, passant de bouche en bouche, tel un trésor à partager . Il s’appelle David.
Une autre façon de gérer le processus d’embauche


David BENSADON est français et a choisi de créer une agence entièrement gratuite ; une approche révolutionnaire. Pas de déduction de salaire pour payer les frais d’agence !!! Vous imaginez? Mettant l’accent sur la qualité de service, réduisant l’aspect administratif, il a parié sur l’humain. D’ailleurs son agence porte bien son nom: We are caring. On adore…
L’agence, située dans un quartier central, est devenue un point d’ancrage. Des animations le dimanche, une vie sociale, de la chaleur humaine. Oui, ça donne des frissons.


Favorisant la médiation, accompagnant les routines, reprenant les plannings, il est question de soutenir ce processus. La confiance y est primordiale.
Contrat de travail entre le travailleur domestique et l’employé
Malgré cet encadrement obligatoire, les pratiques restent diverses selon les employeurs : le montant du salaire varie, l’échéance de paiement également. Les unes sont gratifiées en biens matériels, les autres ont le droit à un jour de congé par semaine et à du temps libre le soir, alors que les dernières sont contraintes par des corvées quinze heures par jour. Grâce au contrat, les litiges existent et chaque partie peut se défendre.
Mais le rapport de domination varie également. Parfois des relations turbulentes, faites de violences et de manipulation… Ailleurs, certains rapports peuvent devenir affectueux et certaines amitiés naissent. Il y a même la formation de couples mixtes!
S’émanciper
Quelle femme ne rêve pas de ce concept? Car il faut avoir l’autorisation de son employeur ici pour chercher un autre travail. La menace vient facilement pointer son nez. Être prisonnière n’a rien de plaisant. Souvenez-vous des droits de vote, des autorisations diverses pour lesquelles nos grands-mères se sont battues.
En créant une chaîne humaine chaleureuse, l’agence de David œuvre pour l’émancipation. Les femmes se prennent en main, se dégourdissent. Ne plus être l’objet de l’employeur, et se faire respecter. Plus responsables, elles en éduqueront mieux les enfants à leur charge… Et la boucle se rebouclera.
Bravo pour cette belle communauté tissée depuis 2016!
L’agence de David s’appelle We are caring. Elle est située sur Killiney road. Peut-être que votre helper y a fêté son anniv le week-end dernier. Demandez-lui!
Vous n’avez pas encore de helper et vous en recherchez une? Vous êtes au bon endroit.





















