(image générée par l’IA à des fins purement illustratives, rassurez-vous)
Quoi ? Le haze de retour ? Au secours ! AAAtchoum.
Mais… ce n’est pas un peu tôt dans la saison pour nous ressortir ce grand classique régional ?
Et pourtant, avouez : ces dernières nuits, vous aussi vous avez eu l’impression de dormir la tête dans la cheminée du manoir familial ? Ou à côté d’un feu de camp? Avec une petite ambiance scout, sans marshmallows, sans chansons, et surtout avec la gorge qui gratte et les yeux qui piquent. Et quand on voit les masques qui ressortent comme des champignons, là, c’est sur, on pleure…
“Haze or not Haze ?”

Mais non, mais non, “les mesures effectuées à Singapour n’ont pas indiqué de détérioration de la qualité de l’air ces derniers jours.”
Et votre voisin qui vous rassure: « Non, c’est pas du haze indonésien, ça vient de JB, comprendre Johor Barhu, c’est ok-lah », parce que celui de Sumatra, lui est vraiment affreux… Ah? Parce que les deux ne se ressemblent pas ?? et non ! On vous laisse trouver la réponse par vous-même.
Le garde du condo est formel : « Chaque année, nous serons confrontés au même problème causé par la Malaisie et l’Indonésie… Rien ne peut être fait car il est causé par nos pays voisins. » Misère de ne pas savoir maitriser les voisins…
Pour ceux qui débarquent ou qui auraient réussi l’exploit de vivre ici sans jamais entendre parler du sujet : le haze, ce n’est pas une petite brume tropicale vaguement poétique. Cette petite odeur de brûlé qui flotte dans l’air n’est pas forcément le signe que votre voisin du dessus s’est emballé sur le barbecue.
Cette brume blanchâtre n’a rien de romantique en mode La City. Pas de Tamise, et pas de potins royaux.
Le haze, c’est cet air chargé en fumées et en particules fines qui s’invite parfois à Singapour lorsque des feux de forêt ou des brûlis agricoles dans la région viennent généreusement parfumer l’atmosphère.
Brouillard de solutions
Problème récurrent à Singapour et dans d’autres pays de l’ASEAN, en raison des épidémies régulières d’incendies de forêt sur les îles de Sumatra et de Bornéo pendant les périodes sèches, le haze résulte de pratiques visant à défricher des terres agricoles ou drainer les tourbières.
Pas cool. Pas charmant. Des accords, des lois, et autres décrets, bien sur des tensions diplomatiques. Rien ne change.
Parce qu’à Singapour, il y a peu de sujets capables de provoquer à la fois un haussement d’épaules, une légère inquiétude, des discussions passionnées sur WhatsApp, et l’envie soudaine de vérifier l’application météo toutes les dix minutes.
Il y a aussi une sensibilité politique supplémentaire lorsque des plantations appartenant à des étrangers de Singapour ou de Malaisie, sont reconnues pour avoir eu des incendies sur leurs terres en Indonésie… Parfois, c’est fort gênant pour les pays voisins de faire trop de bruit. En effet…
On résume : ce n’est pas du brouillard, ce n’est pas chic, et ce n’est pas exactement le moment idéal pour aller faire un semi-marathon avec enthousiasme – ça tombe bien, c’est seulement la semaine prochaine, ouf!
Prudence, viens ici!
Mais le haze n’a pas besoin d’être apocalyptique pour être pénible.
Il n’a pas besoin non plus d’effacer totalement la ville , « oh ça va, on voit encore les tours », pour mériter notre attention.
Singapour qui adore les indices, les mesures, les applis, les chiffres, les classements et les notifications, n’échappe évidemment pas à sa passion pour la surveillance organisée.
Les écologistes ont mis en garde contre la détérioration de la qualité de l’air, exacerbée par des températures plus chaudes, et ont exhorté la région à s’engager à trouver des solutions pour lutter contre la brume transfrontalière.
Hop, on regarde les indicateurs de qualité de l’air communiqués par les autorités. Et on repère toutes les bronches sensibles à l’horizon: donc les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes, ou encore les personnes souffrant de problèmes respiratoires ou cardiaques.
Les effets sur la santé sont réels. Lorsque les gens sont déjà exposés à un stress thermique, une exposition supplémentaire aux polluants atmosphériques exerce une pression accrue sur les systèmes cardiovasculaire et respiratoire.
Aux abris avec pour impératifs de:
- éviter les efforts physiques intenses dehors si les niveaux sont mauvais
- privilégier les activités en intérieur
- garder un peu plus près de soi inhalateurs, médicaments ou patience, selon les besoins.
On s’arrange pour que la vilaine toux ne devienne pas grasse. Pas besoin de transformer son appartement en bunker, ni de se jeter sur les conserves. Pour les artistes en sommeil, on sort son vieux Leica pour immortaliser la ville qui a décidé de mettre un filtre sépia sans prévenir personne.
Merci le haze qui nous rappelle que Singapour n’est pas une carte postale plastifiée.
Que même ici, l’air peut devenir capricieux. Que la région existe. Que le climat existe. Que le dehors existe.
Et c’est presque salutaire. Une petite piqûre de rappel atmosphérique pour nous dire que non, tout n’est pas toujours parfaitement calibré. Même sous les tropiques premium.




















